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début, il y avait la terre ; la terre partout ; une terre nue,
ocre rose ; pas d’arbres, ou peu ; des buissons de jujubiers, des
épines. Et le soleil, lui seul.
Au début, avant même que n’apparaisse la ville, il
y avait des murs. Des murs de la même teinte, de la même matière
que le sol. On les construisait en damant la terre liée avec un
peu d’eau dans des banches rudimentaires. Comme aujourd’hui
encore, ces murs limitaient les terrains privés, les enclos à
moutons ou les terres de culture où il y avait un peu d’eau.
De deux ou trois banches, leur hauteur dépassait rarement celle
d’un homme, si ce n’est pour former au moyen de banchages,
de roseaux et de terres encore, des abris, des étables rudimentaires,
des maisons. Ces murs suivaient les imperfections du terrain naturel ;
montant, descendant, tout en ruptures et courbes, ils évitaient
les pistes et les circuits prévisibles de l’eau. Ces murs
étaient les seuls traces, le seul relief sur la plainte aride,
comme un crayon de poussière tenu d’une main hésitante
aurait dessiné les trames et racé les parcours de la vie.
La vie des hommes et des plantes, qui se terre et qui attend, comme l’eau
qui dévale les montagnes en torrents et s’est cachée
sous le sol, arrivée dans la plaine. Au début, il n’y
avait donc que la plaine, de la terre, des murs de terre, quelques toits
de terre, et le soleil.
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