ne
porte, isolée vers le couchant, et donnant sur les jardins du palais,
était réservée à l’usage du sultan ;
elle prit le nom de bab el Makhzen.
Dans leur géométrie cachée, les portes murmuraient
entre elles que bab Aylan indiquait la qibla. Elle ne l’ont pas
oublié, comme l’ont oublié les hommes, trop occupés
à construire cette ville, en se partageant les terres et les quartiers
le long des chemins de mules qui menaient de ces portes au centre vibrant
de la nouvelle cité, la mosqué et le marché. C’est
ainsi que Marrakech est née, immense résille de murs de
terre et de toits de terre en quadrillage imparfait, tissé d’espaces
clos, de jardins, de patios de cours. Marrakech, dans une harmonie de
tons ocre rose, comme un chatoyant tapis de secrets contigus.
Puis le temps a joué sur cette terre, sur ces murs. Et la pluie
en a sapé les fondements ; et le vent en a arraché la poussière,
déposée sur les chemins, dans les rues. La ville s’est
lentement rebâtie sur la ville, redessinant sans cesse une autre
ville, par d’autres murs relevés sur les traces des murs,
avec la même terre.
Sous le même soleil, toujours !
Précedent
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